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  • Sophie Martin Wallace

Sept ans à Hong Kong - de la vie dans l'excès au Yoga Mat'

Updated: Jul 31, 2019

Dans quelques mois, je recevrai ma carte de résidente Hongkongaise. Après avoir vécu à Bristol, Londres, Barcelone, Paris, il y a un sept ans quasiment jour pour jour, je quittais mon appartement au sixième étage sur le vieux port à Marseille pour m’installer à Hong Kong.


Un peu insouciante, poussée par l’amour et mes trente bougies, je troquais ma vue face Méditerranée, olives et rosé, et un poste de chargée de production contre une vue face mur, des nouilles et verre d’eau chaude, une relation de couple stable et un poste de responsable des affaires culturelles à l’Alliance Française.


Entre émerveillement, amour et affolement, je déambulais mes doutes dans les rues de la mégalopole. Il faisait chaud, je galérais à manger des « fish balls » avec des baguettes, je faisais des crises de panique dans les centres commerciaux et enfin trouvais comme nouveau psy…un docteur chinois qui ne parlait pas anglais.


Avant ce changement brutal, ma vie était plutôt dans l’excès. Je travaillais beaucoup, dansais beaucoup, marchais beaucoup, déménageais beaucoup, voyageais beaucoup, parlais beaucoup, riais beaucoup, buvais beaucoup, sortais beaucoup… Quoi que je fasse, je n’en avais jamais assez. Mes lèvres souriait, mon cœur était triste et mon âme aspirait à s’élever autrement qu’avec du changement, des fêtes, des drogues et des anxiolytiques. Sous les conseils de celui que j’appelais mon nouveau psy aka docteur Wong, je commençai à « faire » du yoga.


Je me souviens de mon premier cours. La prof s’appelait Vicky. Les Hongkongais choisissent souvent des noms anglais pour des raisons de facilité et de prononciation.


Au début je m’acharnais à vouloir me rappeler des noms chinois de tout le monde. Je voulais être cool. Jusqu’au jour où, alors que j’étais encore à l’Alliance Française, je rencontrais Ki et Ding Dong.


Ki s’occupait des vidéos sur mes évènements et Ding Dong de la régie. Refusant de les nommer par leurs prénoms anglais, mes conversations avec mon directeur ressemblaient à ça:

- « Qui est ce qui film ce soir » ?

- « C’est Ki »

- « Oui qui ça » ?

- « Ben c’est Ki qui filme »

- « C’est ce que je vous demande c’est qui ?

- « Attendez, j’ai Ding Dong qui va arriver, elle récupère Ki au passage »

- « Elle récupère qui ? Ha Ding Dong va filmer ?

- « Mais non c’est Ki »


Bref, vous l’aurez compris, il était préférable de s’adapter aux noms anglais.


Donc me voici face à Vicky ma prof de yoga. Je m’installais sur mon tapis. Le studio était calme, la vue donnait sur l’hippodrome de Happy Valley mon quartier et avant de commencer je me sentais déjà mieux.


Vicky nous demandait de nous mettre à quatre pattes, de lever le bras droit et la jambe gauche. La salle était petite, nous étions nombreux. C’est ainsi, que je me retrouvais quasiment avec l’orteil de mon voisin hollandais dans la bouche. Vicky insistait sur l’importance de porter son attention sur le moment présent et sur la beauté de l’énergie que nous partagions les uns avec les autres. De mon côté, je découvrais surtout que l’on pouvait suer de l’orteil. Je ne me sentais pas l’âme assez hippie pour inspirer à pleines narines de peur d’inhaler des effluves de transpiration. Mon esprit allait dans tous les sens, entre jugement, peur et douleur car oui le yoga ça fait aussi mal.


Le reste du cours se passait bien et à ma grande surprise, je me sentais plus légère et détendue. En sortant, je souriais à mon voisin hollandais, après tout, nous étions les seuls blancs et je venais de passer l’heure à voir son cul cambré en l’air et son orteil transpirer.


Bluffée par mon bien être, je me précipitais à m’inscrire. Sans le savoir, je m'apprêtais à dire revoir à des années d’anxiété.


Mais il ne faut pas se leurrer, la transformation ne s’est pas faite en une heure de suçage d’orteil! Le secret se trouve dans une pratique régulière.


Huit mois après mon arrivée, j’étais enceinte. Moi et mon âme de Gypsie passionnelle, je devenais maman, amoureuse fidèle, femme de, j’allais à Ikea le samedi après-midi et passais mes dimanches avec ma belle-famille. J’étais heureuse et cette sensation de bonheur aussi simple me paniquait!


Au même moment ma mère tombait gravement malade. Avant, j’aurais profité de ce grand huit émotionnel entre peur et bonheur pour tout foutre en l’air. Mais j’étais enceinte et heureuse ce n’était pas une option. Alors je troquais mes peurs contre des heures de yoga et de méditation. Je découvrais le lâcher prise et les joies de vivre le moment présent. Pour conclure, sept ans de yoga et de méditation plus tard, deux enfants, je peux dire que ces dernières années à Hong Kong ont été un véritable voyage à la rencontre de moi-même.


J’ai apprivoisé mes peurs, libéré mon esprit de ses fantômes. Hier je m’enfermais dans le doute et l’instabilité, aujourd’hui je possède mille clés pour activer mon havre de paix.


Ce blog témoignera au travers d’événements et d’anecdotes vécus, comment la méditation, le lâcher prise, l'acceptation de soi, le pardon, le non-jugement, le self-love et la spiritualité sont entrés dans mon quotidien. Je vous donnerai des techniques simples et des méditations faciles pour évoluer dans votre pratique.


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A bientôt, Sophie

22/07/2019 , Discovery Bay dans le studio de YogaUP




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© Sophie Martin Expression